Depuis toute petite, je met mes pieds dans des chaussons de danse presque chaque jour. Très vite, la puissance des émotions sur scène m’a attrapé et ne m’a jamais lâché. Je pourrais passer des heures à vous expliquer ce qui me plaît dans la danse. La rigueur, le travail (et oui, on peut aimer le travail), le résultat sur scène et des tonnes et des tonnes d’émotions. On vit tellement plus avec la danse que dans la vie normale.
Chaque année, pour progresser, danser encore plus, je participe à des concours de danse. C’est bête et méchant, on présente une chorégraphie seule, à 2 ou en groupe devant un jury, qui met une note. On pourrait s’imaginer l’univers Black Swan, ça se rapproche parfois (de loin) et il y a tout un autre côté magique. Le but de ces concours de danse, c’est juste de savoir où on en est et de se confronter aux autres et surtout de pouvoir danser devant un public. La danseuse est tellement souvent confinée dans sa salle de danse que la moindre scène est prise d’assaut. Pour certains concours, il y a une place en finale à gagner. Une place en finale, c’est donc une chance nouvelle de danser et là, ça devient le but ultime.
Si j’écris cet article un peu différent du reste, c’est pour me confier et me délivrer. Le week-end dernier, j’ai participé au concours régional de la CND. J’y participe chaque année depuis l’âge de 14 ans. Et chaque année, l’enjeu de la finale est plus fort que tout. Il me faut ce premier prix pour pouvoir partir et re-danser. J’ai eu la chance tous les ans de pouvoir partir grâce à mon groupe ou à un duo et l’année dernière grâce à mon solo (d’où le sourire sur cette photo). Cette année, le challenge s’est corsé : 1 mois de préparation au lieu de 3, se présenter juste en solo et perdre les kilos de New-York. Malheureusement, le résultat n’a pas été celui escompté. Un beau 2ème prix qui ne m’emmènera pas en finale avec les copines, qui me laisse à Paris. Le stress m’a dépassé et a pris possession de mon corps. L’envie de réussir m’a paralysé. De ce fait, ma prestation a été moins bonne que prévue. Un 2ème ou 3ème prix, c’est toujours un moment de remise en question de la danseuse que je suis. Suis-je capable ? Comment faire pour se destresser ? Que faire pour m’améliorer ? Et très rapidement, un état d’esprit de revanche prend le dessus. Plus travailler, ré-essayer, et encore tout donner. Au final pour quoi ? Pour 5 minutes de bonheur, pour être fière de soi, pour montrer qu’on est capable, pour se surpasser, pour danser.
Je serai curieuse de savoir si il y a des danseuses parmi mes lectrices. Et de savoir ce qui vous fait vibrer comme je vibre pour la danse.
Label Ingénue
Photo de Christophe Jullien








